- Vous avez pris fin juin la présidence de la Fondation de Montcheuil. Avec quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle responsabilité ?
Je suis très heureux de rejoindre le Conseil d’Administration et le Bureau de la Fondation. J’y rencontre ou retrouve des gens formidables, engagés au service d’un très beau projet. Nous avons aussi la chance de pouvoir nous appuyer sur une équipe solide emmenée avec énergie et rigueur par Marie-Pia Basse. Bref, je me sens très chanceux de pouvoir contribuer à cette belle aventure. Mon état d’esprit est celui du service : n’hésitez pas à me le rappeler si je m’en éloigne !
- Vous connaissez déjà bien l’univers des établissements scolaires jésuites. Qu’est-ce qui vous a donné envie de poursuivre cet engagement au sein de la Fondation de Montcheuil ?
J’ai eu l’occasion de collaborer pendant 6 ans avec la Compagnie de Jésus dans le cadre de mon mandat de président de l’association Saint-Louis de Gonzague (ASLG, association responsable de Franklin – 2019-2025). J’ai beaucoup apprécié la capacité de la Compagnie à associer les bénévoles laïcs à son œuvre, chacun bien dans son rôle et à sa place. La fraternité combinée à une recherche permanente de sens et d’efficacité, les occasions de rendre grâce et de replacer le projet dans sa verticalité, la vigilance sur les questions de gouvernance et l’acuité dans les décisions, enfin l’attention portée à remercier chacune et chacun de manière personnalisée pour sa contribution à la mission, tout cela m’a donné envie de poursuivre dans ce service.
- Qu’est-ce qui, selon vous, donne du sens à la mission de la Fondation de Montcheuil aujourd’hui ?
Beaucoup de choses ! D’abord sa vocation initiale de soutien à la formation et la recherche en sciences religieuses, avec en premier lieu le développement et la pérennisation des Facultés Loyola, véritable poumon intellectuel et spirituel au cœur de Paris.
Ensuite évidemment œuvrer à la croissance de fondations abritées dans chaque établissement scolaire du réseau AILE, pour permettre à la générosité des communautés de soutenir les efforts de solidarité et les grands projets au sein des collèges jésuites. C’est d’autant plus important compte tenu des défis économiques auxquels sont graduellement confrontés les établissements du réseau. Consolider les fondations des collèges jésuites et permettre à davantage d’élèves moins favorisés d’accéder à ces établissements, c’est une mission majeure à laquelle la Fondation prend part.
- La Fondation accompagne aujourd’hui dix fondations abritées. Selon vous, quelle est la valeur ajoutée de ce modèle ?
Il ne serait ni pertinent ni probablement souhaitable que chaque établissement soit doté d’une fondation autonome. Il y a une vraie valeur à mutualiser cette fonction d’abritante pour faire bénéficier à chacune des abritées de la rigueur et de la sécurité d’un dispositif bien structuré et désormais éprouvé.
Ensuite, je suis foncièrement convaincu de la puissance et de la richesse des réseaux ; chaque établissement a bien sûr ses propres spécificités, mais il est confronté dans son effort de levée de fonds à des problématiques semblables aux autres, et il n’a aucun intérêt à « réinventer l’eau chaude ». Faire partie d’un dispositif comme la Fondation de Montcheuil doit permettre à chacun d’aller plus vite et plus loin en s’appuyant sur l’expertise de l’équipe de la Fondation abritante mais également sur les expériences des autres fondations abritées. A nous de relever ce défi et de stimuler aussi chacune et chacun au sein du réseau !
- Les valeurs ignatiennes irriguent l’action de la Fondation. Parmi elles, laquelle vous inspire le plus dans votre manière de présider ? Pourquoi ?
C’est peut-être un peu tôt pour répondre et puis disserter sur les valeurs ignatiennes devant un public aussi expert, quelle audace ! Je vais m’en sortir avec une banalité, mais ce qui me frappe depuis que je côtoie de près la Compagnie, c’est sa capacité à préparer et faire émerger des décisions. Et à les mettre en œuvre ! Cela m’inspire dans mon rôle de bénévole mais cela m’éclaire aussi dans ma vie professionnelle.
- Vous êtes dirigeant, mais aussi mari et père de famille. En quoi ces différentes responsabilités nourrissent-elles votre regard sur l’éducation et l’engagement au service du bien commun ?
Ma vie familiale m’a permis de mesurer tout ce que les enfants mais aussi leurs parents peuvent recevoir et donner au sein d’une communauté éducative inspirée par la spiritualité ignatienne. Nos enfants ont beaucoup appris à Franklin, nous, leurs parents, y avons grandi aussi.
Et ce qui me réjouit particulièrement c’est de voir toutes les bonnes volontés, les compétences et la générosité qui se mobilisent dans ces communautés : au sein des associations, des fondations abritées, de la Fondation de Montcheuil. La formation de jeunes qui ont vocation à vivre avec et pour les autres est résolument un projet fédérateur et d’avenir !
- Si vous deviez adresser un message aux bénévoles, administrateurs, bienfaiteurs et partenaires qui font vivre les fondations abritées, quel serait-il ?
Merci… et nous comptons sur vous, les œuvres que soutient la Fondation ont besoin de vous !